Ça fait maintenant plus de 3 semaines que le hashtag #MeToo a explosé sur les réseaux sociaux suite à l’article du New York Times sur l’affaire Weinstein. Avec, à la clé, des milliers de témoignages de femmes victimes de harcèlements de rue, d’attouchements, d’abus, de viols et/ou de menaces à caractère sexuel.

Plus que la tristesse, la colère, la rage qu’ont suscité les témoignages que j’ai pu lire, ce qui m’a le plus heurté, ce sont les commentaires. Pas ceux de soutien ou ceux qui se voulaient encourageants. Non, je vous parle des autres.

Les commentaires de ceux qui remettent en cause la bonne foi de celles qui s’expriment. Parce qu’ils savent mieux que toi ce qu’il s’est passé dans ta vie.

Ceux qui détournent le propos en nous rappelant que #NotAllMen. Parce qu’il faut mettre un frein au complot féminazi qui a pour but de nous faire détester tous les hommes.

Ceux qui sont choqués parce qu’ils ne pensaient pas que c’était aussi répandu n’en sont pas eux-mêmes victimes.

Celles qui disent qu’on exagère parce qu’elles, elles ne se sentent pas aussi harcelées que ça. On est toutes ravies pour toi Jacqueline…

Ceux qui disent qu’on n’osera bientôt plus faire un compliment dans la rue et que ça fait bien chier. Parce que tout le monde le sait, faire la différence entre un compliment et une remarque déplacée c’est teeeeeeellement compliqué.

Ceux qui ont besoin de se rappeler qu’ils ont une mère, une soeur, une femme, une fille ou une cousine pour être outrés. #NoComment

Celles qui disent qu’en même temps, tout le monde sait qu’il ne faut pas traîner dans les rues la nuit. Parce que c’est évident que le remède à la violence c’est le retour au couvre-feu généralisé à 19h.

Ceux qui ont encore l’audace de croire que les agressions n’ont lieu que de nuit et ne sont commis que par des inconnus qui se cachent dans des ruelles sombres. Newsflash: on n’est pas dans un film ricain si jamais.

Ceux qui pensent que c’est bien qu’on en parle, parce que c’est important quand même. Ben ouais alors.

Celles qui acceptent que la rue, que la nuit soient en partie interdites aux femmes. Et qu’on leur inculque ça depuis toutes petites. Parce qu’apprendre à être une femme, c’est d’abord se rappeler qu’on est une victime potentielle à vie. Pis, c’est comme ça d’abord, donc t’as qu’à faire avec… merde!

Ceux qui attendent des femmes qu’elles leur disent ce qu’ils devraient faire pour améliorer les choses. Parce que considérer l’autre comme un être humain et agir en conséquence, c’est ultra complexe. Donc si tu peux en plus prendre sur toi et m’expliquer comment faire, ça serait cool.

Ceux qui ne comprennent pas que l’inaction contribue et renforce le statut quo.

Ceux et celles qui pensent que si elle n’avait pas bu, si elle n’était pas allée dans ce quartier, si elle avait mis une robe plus longue, si elle avait fait moins de bruit, si elle avait pris un taxi… rien ne lui serait arrivé. Parce que la vie récompense toujours les vertueuses, c’est bien connu. Si tu fais les bons choix dans la vie, chaque potentiel assaillant que tu croiseras ne pourra que tomber à genoux, ébloui par ton aura de pureté et tes décisions pleines de bon sens. 

Et finalement, ceux et celles qui s’évertuent à oublier que le seul et unique responsable d’une agression, C’EST LE PUTAIN D’AGRESSEUR.

 

En résumé,

 

Pour aller plus loin (#FoodForThoughts):
I’m Tired of Performing Trauma: Five Cartoonists on #MeToo
The Problem With Asking Women To Say « Me Too »
I Don’t Want to Say « Me Too »
Next-Level Rage Stroke: Harvey Fucking Weinstein

 

Photo de couverture: ©Martin Bureau/AFP/Getty Images

4 Comments

  1. Priscilla 1 novembre 2017 at 7 h 57 min

    Mais c’est tellement ça, j’ai failli vomir plusieurs fois devant ces commentaires.
    Mais le pire … c’est quand tu entends ce genre d’arguments de vive voix par des personnes d’en ton entourage. Tu te plies en 4 pour leur faire entendre raison. En espérant qu’avec des articles comme le tien, une petite graine germe dans l’esprit de certains.

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    1. Maliza Kinya - Site Author 1 novembre 2017 at 18 h 13 min

      Merci pour ton commentaire Priscilla!
      J’espère vraiment qu’avec le temps ce genre de témoignages, d’articles, de posts arriveront à faire entendre nos voix à une majorité de personnes. En attendant, le combat continue. Force et courage!

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