C’est en juin dernier, à Barcelone, que j’ai découvert l’expo itinérante Making Africa – A Continent of Contemporary Design. Entre art, graphisme, illustration, cinéma, photographie, architecture et urbanisme, l’exposition met en lumière plus de 120 artistes (notamment Bull Doff et Ikiré Jones). Un manière de montrer comment le design peut faire passer des idées nouvelles et accompagner, voire favoriser, les changements économiques et politiques du continent.

Ici, on ne parle plus du « potentiel » de l’Afrique, mais bien de ce qui s’y passe maintenant. Des créatifs qui font, fabriquent, modèlent et imaginent le futur. Une nouvelle génération d’entreprises et de penseurs née à l’ère du numérique et qui invite le monde à adopter une vision différente, plus juste et plus réelle de l’Afrique d’aujourd’hui.

Bien que victime des inévitables raccourcis qu’une initiative d’une telle envergure génère (accueillir une foison de disciplines en couvrant un continent extrêmement grand, vaste et complexe), Making Africa a le mérite de rendre compte d’un foisonnement et d’une effervescence créative (et créatrice) extrêmement riche.

D’abord présentée au Vitra Design Museum en Allemagne, puis au Musée Guggenheim de Bilbao avant d’arriver au CCCB à Barcelone, l’exposition est actuellement à découvrir au Kunsthal de Rotterdam jusqu’au 15 janvier prochain.

Les musées et moi, on a longtemps été de (très) distants cousins. La faute peut-être à une éducation basée sur le « nécessaire » et le concret, plutôt que sur l’amour de l’art et l’introduction aux multiples disciplines artistiques. Malgré un rapport intense avec la musique – qui me fait vibrer depuis toute petite – mon rapport au visuel a toujours été plus impalpable. Les vernissages d’expos m’ont souvent laissé de marbre et rester devant un tableau en s’extasiant dessus m’a longtemps semblé… étrange.

Cependant, l’âge aidant, je m’y mets gentiment. Je découvre à quel point le regard d’un photographe influence son travail, à quel point l’imagination d’un designer lui permet de créer (souvent) à partir de rien, à quel point le vécu d’un illustrateur peut marquer son trait de crayon. Raconter au travers d’une couleur, d’un objet, d’une texture, d’un motif, d’un geste, d’une idée… tout ça commence à faire sens pour moi. Alors regarder une peinture ne me met toujours pas la larme à l’oeil, mais découvrir Making Africa m’a fait sourire, m’a fait plaisir, m’a donné espoir et m’a fait du bien aux yeux et à l’âme… #pride

Je ne peux donc que vous encourager à aller visiter l’expo et/ou à faire un tour sur le site internet.

Photo de couverture: Moments of Transition ©Mario Macilau 

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